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Le jardin et sa gestion écologique

L’entretien et l’aménagement conventionnels des jardins et des espaces verts constituent des activités qui participent à leurs échelles à la dégradation de l’environnement et des ressources. Ces domaines du "vert" ne sont pas toujours respectueux des rythmes et des équilibres écologiques et biologiques, et se révèlent parfois très polluants ; alors que de multiples solutions alternatives existent.
Fertiliser le sol sans apports chimiques, prendre soin de la pelouse sans désherbants…,
c’est possible. Il faut toutefois maîtriser certaines techniques.
Mais jardiner autrement, au naturel, est finalement à portée de toutes pelles, binettes et griffes…

Fertiliser en cohérence avec l’environnement

En forêt, résidus de feuilles, de fleurs, de morceaux de bois, d’excréments…, se décomposent et enrichissent le sol.
Imiter la nature, en enfouissant dans la terre certains restes de culture et en utilisant des engrais végétaux (à base de plantes), organiques (compost, fumier) ou minéraux (cendres de bois…), constitue une alternative écologique aux intrants chimiques, bien plus respectueuse des sols et de leur biodiversité.

Les engrais verts sont des plantes qui drainent et agrémentent naturellement le sol.
Certaines plantations, cultivées sans être récoltées, travaillent la terre avec leurs racines et lui apportent de la matière organique. Elles facilitent l’irrigation et l’aération du sol et le protège de l’érosion.
D’autres cultures peuvent être enfouies après récolte, utilisées comme fertilisants naturels.
Exemples : trèfle, pois, fèves, féverole, vesce, phacélie, lupin, sarrasin, seigle, épinards.
Quand semer quoi, entre autres :
- Mars à septembre : phacélie et moutarde
- Mai à juillet : sarrasin
- Printemps et automne : trèfle
- Toute l’année : féverole

La diversification des espèces cultivées et leur bonne adaptation au terrain et au climat les rendent moins sensibles aux maladies et aux épidémies.
Faire "le pari" de la biodiversité permet de limiter les risques, car les plantes ne sont pas vulnérables de façon similaire. Leurs systèmes s’autorégulent différemment et peuvent s’équilibrer entre eux.
Dans la même logique, la rotation des cultures - qui consiste à ne pas cultiver deux fois de suite la même espèce sur une parcelle de terrain - évite l’installation définitive de parasites et ravageurs.
En outre, chaque plante puise dans le sol des éléments nutritifs spécifiques. Une même espèce cultivée chaque année au même endroit tire de la terre les mêmes éléments. Et à terme, la parcelle s’appauvrit.
En alternant les espèces d’une période à l’autre, la rotation des cultures permet de faire profiter successivement les divers plants d’apports nutritifs adaptés sans épuiser le sol.

Lutter en cohésion avec la nature

Certaines espèces de plantes, de fleurs et d’herbes aromatiques possèdent un pouvoir répulsif sur les nuisibles et peuvent jouer un rôle bénéfique au naturel.
Par exemple, l’ortie repousse les pucerons, la lavande écarte fourmis et pucerons, le thym éloigne les limaces.
Différentes associations aussi sont efficaces pour les repousser, telles plantes aromatiques et rosiers ; ciboulette, tomates et groseilliers ou radis roses, laitues et Capucines.
Les légumes peuvent également se protéger mutuellement. Illustrations : la mouche, parasite de la carotte, ne tolère pas l’odeur du poireau ; les haricots et pommes de terre font bon ménage ensemble.

La protection biologique intégrée consiste à confronter les nuisibles et ravageurs à leurs prédateurs : chenilles, limaces, escargots… contre insectes, lézards, petits mammifères...
Les larves de coccinelles ou de chrysopes par exemple sont de très grandes consommatrices de pucerons.

En cas d’ultimes résistances, des extraits de plantes peuvent être utilisés, sous diverses formes (purins, décoctions, infusions…), pour venir à bout des envahisseurs.
Nommés bio-pesticides, ces produits doivent toutefois être employés avec les mêmes précautions que des pesticides standards. Ils ne sont pas non plus sans risques et conséquences. Avant d’y recourir, certains actes simples sont à effectuer, tels l’enlèvement manuel des premiers ravageurs ou la pose de filets anti-insectes.

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Rappels sur les produits phytosanitaires

Présents dans le sol, l’eau, l’atmosphère, l’alimentation et le corps humain par conséquent, les produits phytosanitaires – pesticides, insecticides, herbicides, fongicides…- sont néfastes pour l’environnement et la santé.
- Tous n’ont pas les mêmes niveaux de dangerosité, mais aucun n’est anodin et tous ont un impact. Les risques et dangers à long terme en particulier sont délicats à évaluer.
- Ces substances peuvent notamment détruire les plantes et prédateurs qui constituent eux-mêmes des boucliers biologiques.
- Leur usage systématique est d’autant plus inapproprié que des solutions naturelles existent, simples à mettre en œuvre et peu coûteuses.

Si aucune autres solutions ou alternatives n’ont pu néanmoins être trouvées, seule une utilisation responsable, raisonnée et modérée est à envisager.
- Se reporter aux notices et respecter précisément les doses sont des préalables incontournables.
- Privilégier un traitement localisé à un traitement global est aussi primordial.
- Le lieu de stockage (quel que soit le type de produit d’ailleurs) doit être sec, bien aéré et hors de portée des enfants et animaux domestiques ou sauvages.
- Une protection adéquate prévient des dangers d’intoxication et d’inhalation (muqueuses, peau, respiration). Gants et masque sont donc indispensables, et la combinaison parfois nécessaire.
- Il faut également prendre en compte les notions de temps et délais indiqués sur les emballages ainsi que les conditions météorologiques.
En cas de pluie ou de vent, l’intervention ne doit pas être réalisée, car les risques de lessivage (effet d’entraînement avec les eaux) sont importants.

Pas mauvaises mais adventices...

Beaucoup de "jardins à la française" privilégient une esthétique sophistiquée, rationnelle et maîtrisée. Mais d’autres approches sont évidemment possibles et appliquées.
Les Suédois, Néerlandais ou Italiens par exemple acceptent depuis de nombreuses années les dites "herbes folles" dans leurs espaces verts.
Le terme "mauvaises herbes" employé communément est d’ailleurs mal à propos.
Aucune espèce n’est en soi mauvaise ; chacune possède sa place et joue un rôle dans l’écosystème. Il faut ainsi préférer les qualificatifs d’adventices ou indésirables.

Un gazon dense, d’au moins 6 cm de hauteur, a l’avantage d’entraver le développement des herbes adventices, et de les dissimuler.
Une coupe trop rase favorise au contraire leur apparition.
Les plantes couvre-sols (millepertuis, chèvrefeuille…) peuvent occuper opportunément l’espace, au détriment des "herbes folles".
Autrement, le paillage du sol permet d’étouffer les adventices. Cette technique (voir plus bas) consiste à recouvrir le terrain de matériaux d’origine végétale ou minérale.

Si les "indésirables" sont trop tenaces, un désherbage manuel et mécanique s’impose en premier lieu, à la main, à l’aide de binettes, griffes et autres accessoires adaptés.
Le désherbage thermique, qui détruit les herbes en les brûlant, est aussi envisageable, mais sous certaines conditions. Les eaux de cuisson peuvent convenir.
Il est mieux de désherber par beau temps et de préférence le matin.

Deux techniques de recouvrement

- A l’origine constitué de paille, d’où son nom, le paillis peut être réalisé avec des déchets verts (de taille, de tonte…), des matériaux végétaux (paille de lin, écorces de pin, de coco…) ou minéraux (sable, galets…).
Le paillage protège notamment la terre du desséchement causé par le soleil et le vent. Il limite ses variations de degrés et d’humidité et réduit la température de surface en cas de forte chaleur. Autant d’actions permettant par ailleurs de réduire les besoins en eau.

- Le mulching est une méthode qui permet de valoriser les déchets verts, en recouvrant le terrain de débris végétaux : feuilles coupées, tailles de bois ou de haies, gazon tondu...
Ces matières composant le mulch s’incorporent dans la couche supérieure du sol, offrant ainsi plusieurs bénéfices : apport organique, maintien de l’humidité, réduction des herbes adventices et de l’érosion.

De grandes quantités de déchets verts qui ne peuvent être utilisés et valorisés sur place doivent faire l’objet de dépôts en déchèteries.
Des espaces dédiés les y accueillent, les dirigeant ensuite généralement vers des plates-formes de compostage.


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